
La lune glisse dans l’aube qui se profile,
ballotée par des mots qui s’entrechoquent
comme des vagues
sur le muret de cette terrasse
donnant sur la mer.
Les bras entourant les jambes,
menton sur les genoux,
j’entends derrière moi les bruits du matin,
le café qui ne va pas tarder à ouvrir.
Toute à l’heure, elle ne le sait pas encore,
nous partirons vers un voyage en zig zag.
Un voyage tout en courbes,
à l’heure ou le soleil fait de l’ombre aux façades
et les grillons chantent dans les pinèdes
bordées de maisons blanches.
Je traverserai les rues de cette ville en pente,
ouvrant sa porte et regardant ses yeux, si clairs,
je lui dirai : viens, nous partons.
Main dans la main nous marcherons,
avec pour seuls bagages un livre
et un cahier d’écriture.
Ce sera un voyage sans étapes,
les seuls arrêts seront ceux des désirs
défiant le temps et la mort.
Nous irons voir Rilke,
tout à coté de la vielle église du Valais,
et nous lui offrirons une promesse,
un pur poème en forme de rose.
Dès lors il sera inutile de faire semblant de rêver,
dans une constellation d’étoiles mortes ;
Il sera inutile de se réveiller,
par ce que nous verrons, ce qui ne se voit pas.















































